D'après l'article de RODOLPHE WARTEL, paru dans Sud Ouest, le 28/10/2010Assurer l'héritage. Progresser et continuer à gravir les échelons. Thomas Duroux, directeur du château Palmer depuis 2004, à Margaux (33), a réussi la première de ses missions, qui n'était pas la plus simple. Pour ce vin préféré de Claude Debussy, comme pour tous les grands crus, chaque note compte dans l'équilibre subtil de la vigne et du vin. « En six ans, on a travaillé sur ce qui méritait d'être remis en cause », sans ostentation, dans le silence froid des chais, analyse Thomas Duroux. L'équipe a notamment mené une étude approfondie « pour entrer dans l'intimité du terroir ». Sur les 55 hectares que compte Palmer (...) les sols ont été passés à la loupe. 30, 60, 120 centimètres de profondeur, photos infrarouges de la vigne... Dans une approche toute scientifique, l'ancien ingénieur de l'Enita, passionné par la biologie, a voulu lever les secrets du terroir.
La qualité de l'accueilLes actionnaires de Palmer (les héritiers de la maison de négoce Malher-Besse et la maison Sichel) lui donnent aujourd'hui de nouveaux moyens : dès cet automne, 8 millions d'euros seront investis sur deux ans pour « adapter l'outil, le rationaliser et améliorer l'identité du village de Palmer ». Là encore, pas de chai-cathédrale mais un investissement tout entier consacré à l'amélioration de la qualité. La réception vendanges, qui se fait encore, comme dans beaucoup de propriétés, sous une tente, s'installera dans deux ans sous une halle de 350 mètres carrés. Les pompes à vendange laisseront leur place à un système gravitaire. Un micro-cuvier abritera les vinifications expérimentales. La construction d'un nouveau chai à barriques permettra l'élevage d'un millésime en un seul et même lieu. Enfin, l'accessibilité de Palmer sera revue, dans un souci de mise en avant du « village », avec réaménagement paysager et modification de l'entrée (l'accès se fera par le vignoble).
Volonté d'un développement œnotouristique ? Aucunement ! Palmer veut seulement privilégier l'accueil de ses hôtes. « Nous voulons rester ouverts à tout le monde, mais chaque personne doit être reçue individuellement. Cela se prépare. » C'est ainsi que deux visites par jour, exclusivement sur rendez-vous, sont actuellement possibles.